Réflexions

Au regard des médias, l’Internet présente de nombreuses singularités. Il n’a pas été conçu pour devenir un média : son projet d’élaboration, d’origine militaire et universitaire, doit permettre la transmission de données d’un point à un autre par un réseau. Ces universitaires spécialistes en informatique, insufflèrent leurs idéaux de liberté d’échange de savoir dans la structure de l’Internet. Celui-ci, constitué d’un réseau déjà hétérogène, se développa et s’enrichit d’autres réseaux informatiques pour devenir un réseau de réseaux. Grâce à la mise en place de son application la plus populaire, le Web, il est devenu pour les internautes un lieu de réception et d’émission, de communication, d’expression, où chacun est interconnecté en temps réel.

De par ses qualités techniques, Internet est devenu un média. Les autres médias dit de masse interagissent ainsi avec l’Internet dans la diffusion de programmes. En effet, il intègre la gestion de l’audiovisuel, et permet d’être exploité pour diffuser du contenu de masse. Le plus de l’Internet, est son rapport aux internautes qui peuvent désormais en manipulant les outils informatiques (logiciels) et en utilisant les sites du Web, diffuser du contenu de n’importe quelle provenance. De la création artistique, à la récupération de production de diffuseur, en passant par l’échange de contenu, l’Internet, une fois la source numérisée, peut véhiculer toute donnée. La musique est l’une des premières à avoir expérimentée les tracas de sa numérisation, permettant le libre échange de fichiers audionumériques via peer-to-peer. Pourtant, la vente de musique trouve un nouvel élan, légal, venant de Steeve Jobs, fondateur d’Apple, entreprise rompu au commerce de produits innovants liés à l’informatique.

Les enjeux sont vastes. Commerciaux, sociétaux, idéologiques. Les anciens médias, radio, télévision, cinéma, se doivent de coexister avec un média plus performant et qui de part l’individualisation de ses récepteurs, crée une concurrence. Ses internautes justement se retrouvent face à un média dont ils sont maintenant les acteurs, ce qui leur donnent un nouveau pouvoir non sans effets indésirables. Le rapport média-masse est totalement bouleversé : de l’opposition binaire entre individu, l’on passe au dénombrement de la masse. Le libre échange des données numériques est le libre échange des connaissances : les informaticiens qui agissant pour libérer l’homme de ses contraintes du monde réel (État, institutions, lois), façonnent les outils d’un nouveau monde, virtuel, où la démocratisation du savoir pour chaque homme, n’est pas négociable, mais inévitable.

Ce lieu qui diffuse du contenu, nous traverse de ses qualités et de ses défauts. Il est sans espace défini, et son temps se réduit à la vitesse d’affichage des données, quasi-instantané. Ces contenus qui nous divertissent, nous placent physiquement face à l’écran, et émotionnellement face à nous même et aux autres dans nos actions sur le Web. La communication entre individu sur Internet et la mise en ligne de contenu, ne saurait se qualifier uniquement par la communication artistique : cela requiert un jugement de valeur propre à la distinction de ce qui peut être reconnu comme œuvre artistique ou non. Néanmoins le besoin de communication relationnelle propre à l’art, trouve un résonateur dans l’Internet, de proche aux autres en réseau, contrairement aux anciens médias, qui inondent la masse de manière centralisée. De plus, l’écran où nous plongeons dans l’Internet, nous fascine ; notre attention n’est en rien complète : elle est plus enivrée par l’expérience technique que par la connaissance, l’appréciation, l’échange en réseau.

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